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Les Fleurs
Aleph attendait auprès dUlgar, leur présence était si rayonnante quUléar baissa les yeux et tomba à genoux. Aleph parla en premier ; « Uléar, nous tavons ramené ici pour te raisonner et prendre des sanctions contre toi. La flamme de vie nest pas pour celui qui en abuse, elle est vecteur damour et non de destruction. Dans ton inexpérience et ton caractère impulsif tu as créé des êtres qui mettent en péril la vie des races terrestres, en conséquences trois choses te seront imposées ; Premièrement tu circonviendras le pouvoir des Malmoks, des monstres marins et des créatures volantes. Deuxièmement tu reviendras à ton Père pour quil tenseignes à user des lumières plus sagement, à mesurer tes actes et quand tu auras appris lessentiel un autre destin te sera accordé. Troisièmement tu retourneras sur terre pour achever ton uvre purificatrice, et tu ne tapprocheras jamais des humains tant que tu nauras pas toi-même admis lincarnation pure comme tes frères les Phirandims. Ils négocieront désormais tous les rapports que tu auras avec les créatures vulnérables du monde-né. Va maintenant et amende toi ! » Ulgar parla à son tour dans un feu dur et froid qui fit peur à Uléar : « Cher fils je dois tadministrer un blâme pour avoir calomnié les Phalemfs tes Pères. » Uléar hurla de peur et de rage, supplia, mais le blâme latteignit, et il ressentit une douleur et une honte à la mesure de son corps titanesque. Il se cru déchiré un temps très court, puis il se redressa alors quune paix exquise lenveloppait pour cicatriser ses plaies. Ulgar séloigna en disant : « Va maintenant ! » Son Père une fois de plus le laissait, après le blâme alors quil aurait eu besoin de toute son affection et de ses conseils. Il lui en voulu et conçu de la haine pour lui. Puis il erra longuement dans les fosses du temps près du terrible foosphurle le néant total et destructeur.
LEnfant parcouru les terres du massmarh et endormit toute ses créatures, il en tua beaucoup par colère, et en blessa dautres irrémédiablement. Il débarrassa le ciel des créatures volantes impies et les Malmoks sombrèrent pour un temps avec les poisson géants dans une hibernation multimillénaire. Puis il revint vers son père et dû se plier aux leçons que celui-ci lui enseigna. Du temps passa et lEnfant cru pouvoir à nouveau uvrer dans le monde. Revêtu dun manteau splendide et éclatant, coiffé dune parure étincelante il apparut à ses frères. Mais avant cela il sébroua dans le fleuve dIsgielh ou leau pure le rasséréna, car son Père lui avait donné une apparence de chair magnifique et rassurante et apaisé les feux de sa gloire native. Il avait une soif inextinguible qui ne cessa jamais de le tarauder depuis son blâme. Lorgueil quil ne voulait pas abandonner le consumait.
Quand il vint vers Ranfâlm et Colvûr il sut cacher ses sentiments et shumilia même devant eux prêt à faire amende honorable. Il les aida à construire des palais et des jardins, il servit de nettoyeur et de transporteur sans rechigner, et montra de la reconnaissance pour les conseils quon lui prodiguait. Il réussit ainsi à se faire accepter parmi ses frères et entra dans leurs secrets. Pour paraître encore plus repentant et utile il créa des insectes magnifiques qui furent les seuls uvres de lEnfants à dépasser en beauté les ouvrages des meilleurs orfèvres. Les syntises bleues hypnotisaient par leur charme les êtres nymphiques. Les papillons dor et dargent virevoltaient à lunisson, les rampants lançaient des lumière sublimes et des odeurs suaves. Et lEnfant ressentit un sentiment quil navait jamais connu ; la fierté et la reconnaissance.
Pendant ce temps les Phirandims saperçurent que certains humains dépérissaient lentement dun étrange faiblesse. Ils comprirent que lair et leau, la terre et la lumière elle-même étaient empoisonnées subtilement par la présence et les sentiments venimeux de lEnfant. Certes lempoisonnement était très lent et rien ne rendait malheureux les humains en ces temps reculés, mais les cadets décidèrent de planter une graine merveilleuse dans les jardins bénis dAliviah. Cétait la fleur dOrlypâle qui contenait les principes et lessence même des petits-dieux, revivifiait les corps les plus déficient en redonnant une force et un courage suprême.
Il fallait du temps pour que les vertus des fleurs deviennent efficientes, mais rien ne pressait les cadets et les humains. Ce fut au cours dun automne dor que plusieurs créatures malveillantes vinrent piétiner les fleurs dOrlypâle. On replanta des graines et on attendit de nouveau les animaux de lEnfant détruisirent les jardins. Les Phirandims nosaient pas user de force contre les bêtes de la création, leur vocation était dinstruire et daimer et non de punir. Mais les bêtes obtuses de lEnfant poursuivaient leurs déprédation saccageant les forêts et les jardins et renversant même des maisons de sintemps ces palais de Phirandims où les hommes pouvaient également vivres.
Les Phirandims sétaient tellement attachés à lessence humaine quils sallièrent par mariage avec eux. Il en découla une race splendide appelée Alvyad, le croisement entre les cadets et les hommes. Cette race était courageuse et puissante car curieusement elle détenait les caractères des aînés, les Solophans, et rien ne lui faisait peur. On plaça donc quelques Avyads à la porte des jardins bénis dans lespoir darrêter les bêtes monstrueuses, et effectivement les puissants héros les taillèrent en pièces à laide de lames titanesques et magiques. Ces lames étaient forgées sur une colline dans le feu dune forge Solophane ou la magie des aînés était puissante, cétait une veine du monde. Les Malmoks ne réapparurent pas pendant un bon moment, et la paix se réinstalla à Aliviah.
Les insectes produits par lEnfant subirent cependant une lente transformation, ils devinrent laids et noirs, pullulent et venimeux, certains étaient énormes et possédaient huit ou dix pattes, dautres exhibaient daffreux dards empoisonnés, dautres enfin volaient et dévoraient les fruits et les légumes du jardin dAliviah. Quand lEnfant vit cela il trépigna de rage, sentit une immense frustration lenvahir et plutôt que de samender et de réparer le mal se renferma en lui-même en méditant de sombres desseins.
Uléar détruisit une grande partie de ces uvres devant ses frères, mais toutes ne purent être trouvées dans le vaste monde, et il ne souhaitait pas les faire disparaître entièrement. Ranfâlm approuva ce geste et accepta que Uléar puisse rester avec eux en conservant une apparence de chair. Cependant lEnfant se métamorphosait graduellement, il perdait ses beaux cheveux, sa peau se ridait et devenait écailleuse ses dents sallongeaient, ses mains devenaient longues et griffues, ses yeux pourpres lançaient des éclairs, son apparence devenait effroyable. Le mal réapparaissait toujours, lenveloppe de son Père ne résistait pas à ce feu noir intérieur.
Colvûr le seul qui eût des rapports proches avec lEnfant lui conseilla dapprendre à renouveler lincarnation pure sans laquelle les fils des hommes lui seraient à jamais refusés. Alors il alla voir Iphimiris le Phirandim et lui demanda le secret de lincarnation et des masques, la flamme de beauté. Il fallut beaucoup defforts à Uléar pour se plier aux rites de ses frères suite à quoi il adopta un nouveau corps terrestre. Pour le tester il proposa à Colvûr un combat, le Solophans était un lutteur dans lâme et ils sexilèrent dans les lieux interdits du massmarh fondamentale très loin de toute création.
Ils combattirent avec une force terrifiante mais sans intention de nuire lun à lautre et quand ils achevèrent leur joute ils roulèrent en riant aux éclats sur le sol parsemé de crevasses et de feux. Jamais Uléar navait été si heureux car il pouvait enfin dépenser toute son énergie. Colvûr ne se lassait point, persuader que cela apportait un grand bienfait à lEnfant et la paix à la création. Mais un jour il fit à Uléar : « Cher compagnon, tu sais quel plaisir jai eu pendant un temps à me mesurer à toi mais il faut arrêter. La terre souffre de nos combats, le temps et lespace ne sont pas assez stables. » LEnfant ne pu convaincre son ami de poursuivre les heures exquises, et en conçu à nouveau de lamertume, comme pour tout ce quil ne pouvait pas posséder.
Aleph dicta de nouvelles lois concernant le monde-né, linstabilité du massmarh provenait de son immensité indomptée, il fallait réduire le monde et pour gagner de lespace et du temps le créer rond et à plusieurs facettes. Chaque facettes donnerait accès à un monde à part, une époque différente quil faudrait contrôler.
La retaille du massmarh se ferait sans bouleversements car les Phalemfs étaient passés maîtres dans les fondements. Saâs et Fërms les deux grand Solophans blancs furent décrétés maîtres des portes et filtraient tous les êtres qui passaient dun monde à lautre. Lenfant avait revêtu une superbe apparence et sétait mêlé à ses frères pour connaître les desseins des Phalemfs. Il savait que ses créatures détruisaient les jardins et que depuis peu des Alvyads les arrêtaient. Il se donna un nom Silnnom le lutteur car cétait grâce à lui en partie quon avait découvert la fragilité de lunivers, et Colvûr fut fier de le présenter à ceux qui allaient préparer le monde à sept portes. Néanmoins Saâs, assez méfiant lui dit: « Fils dUlgar, tu as déjà fait preuve de beaucoup dimpatience et de manque de maîtrise, tes uvres ont fait souffrir beaucoup dhommes. Je ne crois pas quil serait bon que tu soit parmi ce conseil des sept portes, tu sauras assez tôt leur fonctionnement, et tes bêtes risqueraient de commettre des déprédations dans les autres mondes ! » Ces paroles déplurent à lEnfant qui néanmoins ne le montra pas, il sinclina et fit dune voix suppliante : « Je promets par mon Père que vous naurez rien à me reprocher mes frères, je vous aiderai en tout, dailleurs nai-je pas réduit mes créatures et servi Ranfâlm ? » Colvûr affirma que cétait lexacte vérité et Saâs accepta que lEnfant fasse partie du conseil des portes sans pouvoir changer les décisions prises par lui dans ce domaine. |