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La Guerre des terres interdites


Ranfâlm était à la tête d’une troupe de ses frères, ils se déplaçaient comme la lumière de mille soleils, leurs vêtements resplendissaient et la foudre les accompagnait. Ils arrivaient sur des nuées nuageuses épaisses qui prenaient parfois la forme de chevaux extraordinaires dont le galop brassait l’horizon, et de leurs mains jaillissaient des flammes plus vives qu’un million d’astres. Il allaient chercher l’Enfant.

Ce dernier s’était retiré dans les terres lointaines dans une antre profonde avec des bêtes terrifiantes et ses serviteurs maintenant nombreux, des milliers d’hommes devenus des sangtors des créatures immondes mangeant de la chaire humaine et tuant pour le plaisir. On appela depuis ce jour là l’Enfant le Solophan noir. Il leva une armée de serviteurs et de bêtes affreuses qui vomissaient des fleuves de poison et de feu et qu’il avait caché dans le sol pour pouvoir un jour s’en servir. Ainsi il n’avait non seulement pas respecté sa parole de détruire les créatures les plus dangereuses mais il en avait créé d’autres pires encore profitant de ce qu’il possédait la flamme d’Aleph. La troupe des dieux de la terre s’approcha de l’antre du Solophan noir appelé aussi Versejuvel, le souffleur de chandelles, celui qui éteint les astres et vole la lumière.

Des créatures affreuses plus hautes que des montagnes s’avancèrent vers les Aînés, elles crachaient des flammes épouvantables qui consumaient la roche, mais elles ne faisaient que lécher les corps blancs impénétrables des fils de lumière. Ils frappèrent de leur foudre et les bêtes furent déchiquetées, les premiers Dragons mis en pièces, un feu issu de la bouche des Aînés se déversa en un flot destructeur qui dévorait le mal, et les armées de l’Enfant reculèrent, puis, malgré ses incantations et son essence divine il ne put résister à la force des Aînés, et bien qu’il portât un coup terrible à Ranfâlm, Angnor la chaîne enchantée le lia.


Dans les lieux habités d’Aliviah les Phirandims protégeaient les humains des éclats insoutenables de la lutte des dieux, ils avaient enveloppé le pays d’un voile protecteur. Mais dans le ciel des ombres titanesques se projetaient indiquant qu’à l’issu du combat les Aînés ramenaient Uléar. La guerre des terres interdites fut très courte mais si intense qu’elle laissa des traces dans le sol du massmarh pendant des milliers de siècles. On dit que la lutte des dieux provoqua des ruptures de l’espace et du temps créa des gouffres menant directement au fosphurle, on appela ce lieu la vallée du Ténébran.


Vagnör fut enchaîné avec son Maître et les créatures placées sous un charme. La Cité des cadets ne craignait plus rien. Uléar fut enfermé dans une fosse dont il ne pouvait sortir, Angnor l’enchaînait. Il hurlait de rage mais les Solophans le laissèrent dans sa prison sans lui parler ni le regarder. Un seul garde suffisait, un Solophan parmi les derniers nés, Andrônh.

Le Solophan Noir parvint à briser le charme de sommeil qui entravait ses créatures et à leur envoyer un commandement, un sceau. Et les armées s’éveillèrent, Selgâ devenu un serviteur de l’Enfant les guida vers les jardins de fleurs. Ils piétinèrent de nouveau l’Orlypâle et certains en ramenèrent avec eux dans les coulisses et les salles secrètes de Versejuvel pour en faire un poison aux pouvoirs inconcevables.


Mais un faible parmi les humains se leva à nouveau baigné dans le jus de la fleur magique et brûla une grande partie de l’armée maudite, ce fut le dernier. Il fallu attendre que de nouvelles pousses apparaissent, les Phirandims étaient de merveilleux jardiniers et réussirent à cultiver d’autres fleurs. Elles étaient cependant encore minuscules quand arriva Selgâ sous l’apparence d’un masque d’une grande beauté, ils reconnurent immédiatement un des leurs et le félicitèrent d’être revenu, ils l’honorèrent pour avoir pu échapper à la Guerre des terres interdites, car il savait que certain d’entre eux avaient été emmenés de force par Uléar dans les plaines sans fin. A cette époque les hommes n’avaient accès aux sept portes que par l’intermédiaire des Aînés de garde et des Phirandims, ils ne pouvaient atteindre la dimension du Massmarh qui existait toujours, on en parlait comme d’une huitième porte, leur monde était plus restreint mais plus facile à gouverner et à gérer, ce fut à ce moment aussi que les bêtes immondes de Versejuvel entrèrent par les sept portes sur l’action de Selgâ le traître, et qu’ils commencèrent à détruire les habitations humaines et à tuer les habitants.


La souffrance débuta avec cette époque de terreur, et les Phirandims ne purent rien y faire, car ils n’étaient pas des guerriers. Il supplièrent les Aînés mais ces derniers restèrent sourds. Les Alvyads se levèrent et formèrent une armée contre les ennemis. Cependant les créatures étaient trop nombreuses et les Alvyads trop rares. Les fleurs n’étaient toujours pas parvenues à maturité et les hommes souffraient des déprédations dû aux êtres épouvantables qui tuaient et dévoraient les fils et les filles dans tous les villages.


Selgâ avait amené avec lui le produit de sa recherche, une substance issue de la fleur d’Orlypâle corrompue par les enchantements pervers de l’Enfant, ce poison contenue dans une vasque magique fut libéré sur les terres des jardins bénis. Et Selgâ s’en alla satisfait, il retrouva son apparence réelle celle d’une créature rouge et couvertes de tentacules venimeuses, il devint le premier Golmonns qu’on appela ensuite L’Index, car il y aurait cinq roi-spectres, Comme les doigts de la main l’antithèse blasphématoire des petits-dieux.